À partir de certains seuils, le bruit environnemental entraîne de la gêne mais aussi des effets néfastes sur le sommeil, les fonctions cognitives et le système cardiovasculaire des personnes exposées à long terme. Le bruit du trafic routier serait en particulier responsable de 83 % des 12 100 décès prématurés par an attribuables au bruit environnemental en Europe(a).
Pour réduire les effets du bruit environnemental, la directive "bruit" 2002/49/CE
q [1] impose (i) une cartographie de l'exposition au bruit (grands axes routiers, grands axes ferroviaires, grands aéroports, agglomérations), (ii) l'information du public sur l'exposition au bruit et ses effets et (iii) la mise en œuvre de plans d'actions. Deux indicateurs ont été retenus pour établir les cartes d’exposition au bruit : L
den et L
night, conçus pour évaluer respectivement la gêne et la perturbation du sommeil dues au bruit. Ces indicateurs représentent les niveaux sonores moyens annuels en dB(A) sur l’ensemble des périodes de jour, soir et nuit (L
den) et durant les périodes de nuit (L
night). Les risques d'hypertension, de maladie coronarienne et d'accident vasculaire cérébral augmentent à partir de 50-55 dB(A) L
den, tandis que des effets du bruit sur le sommeil sont observés en deçà de 40 dB(A) L
night(b). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de réduire l'exposition au bruit du trafic routier à moins de 53 dB(A) L
den et moins de 45 dB(A) L
night(c).
Retards résorbés
Les dernières cartes wallonnes d’exposition au bruit[2] le long des grands axes routiers[3] ont été adoptées par le Gouvernement wallon : (i) en 2017 pour les axes dont le trafic est compris entre 3 et 6 millions de véhicules par an (véh/an) (1 567 km de routes et autoroutes, 1ère cartographie) et (ii) en 2019 pour les axes dont le trafic dépasse 6 millions véh/an (1 060 km de routes et autoroutes, mise à jour de la 1ère cartographie de 2008). Ces cartes sont à mettre à jour tous les 5 ans. Elles étaient attendues respectivement en 2012 et 2013 q. Par ailleurs, des valeurs limites au-delà desquelles des mesures de réduction de bruit doivent être prises ont été établies en 2016 q et un premier plan d'actions pour les grands axes routiers (trafic > 3 millions véh/an) a été approuvé par le Gouvernement wallon en 2019 q. Un tel plan était attendu depuis 2013 pour les axes dont le trafic est compris entre 3 et 6 millions véh/an et depuis 2008 pour ceux dont le trafic dépasse 6 millions véh/an q. Les retards, qui avaient donné lieu en 2017 à une mise en demeure de la Belgique par la Commission européenne, sont donc résorbés.
La prochaine mise à jour des cartes d'exposition au bruit, attendue pour 2022, intégrera les changements méthodologiques destinés à l'adoption de méthodes communes d’évaluation du bruit[4] par les États membres de l'UE (directive (UE) 2015/996 q).
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Plus de 660 000 habitants concernés
Selon les cartes approuvées en 2017 et 2019, près de 660 600 habitants (18,7 % de la population wallonne)[5] sont exposés à plus de 55 dB(A) Lden le long des axes routiers dont le trafic dépasse 3 millions véh/an, en ne considérant que cette seule source de bruit. Près de 556 000 habitants (15,8 % de la population wallonne)[5] y sont exposés à plus de 50 dB(A) Lnight[6].
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Des actions prévues sur 1 154 km de routes et autoroutes
Le plan d'actions approuvé par le Gouvernement wallon en 2019 q établit une méthodologie de délimitation et de priorisation des sites d'actions tenant compte du degré de dépassement de valeurs limites, fixées à 70 dB(A) Lden et 60 dB(A) Lnight q, et du nombre d'habitants concernés. Sur cette base, 922 sites d'actions ont été identifiés pour les axes routiers dont le trafic dépasse 6 millions véh/an (372,2 km sur 1 060 km de routes concernées) et 2 216 sites d'actions pour les axes routiers dont le trafic est compris entre 3 et 6 millions véh/an (781,9 km sur 1 567 km de routes concernées). Les actions consistent en l'installation d'écrans anti-bruit, l'extension et/ou la rénovation d'écrans existants, la mise en place d'aménagements alternatifs (revêtements silencieux, aménagements de voieries destinés à rompre le tracé, limitation de vitesse avec contrôles radar) ou de mesures d'aménagement du territoire visant à éviter la construction d'habitats à proximité de routes bruyantes. Leur délai de mise en œuvre dépendra des futurs plans d'investissements.
Le Plan infrastructures 2016 - 2019 a consacré 10 millions d'euros à la gestion du bruit routier, dont 7 millions pour l'installation de nouveaux écrans anti-bruit et 3 millions pour la réhabilitation d'écrans existants. Le Plan infrastructures 2020 - 2025, en cours de finalisation, réserve un budget de 23 millions d'euros pour la gestion du bruit routier, dont 21 millions pour l'implantation de nouvelles mesures sur le réseau structurant[7] et 2 millions pour des investissements sur le réseau non structurant.
En 2020, la longueur cumulée des équipements antibruit du réseau routier wallon atteignait 62,25 km.
Transposée par l'AGW du 13/05/2004 q
[2] Dites "cartes de bruit stratégiques" selon la directive 2002/49/CE q. Ces cartes sont consultables jusqu'à l'échelle 1/2500 via l'application Cigale du Service public de Wallonie Environnement q.
[3] Les grands axes routiers à cartographier sont énumérés à l'Annexe 1 de l'AGW du 13/09/2007 q.
Méthodes établies dans le cadre du projet "CNOSSOS-EU" (Common noise assessment methods for Europe)
Les données de population utilisées par les auteurs de la carte de bruit stratégique pour l'estimation du nombre d'habitants exposés sont les données 2011 du SPF Économie - DG Statistique. Le pourcentage de la population wallonne exposée se base donc sur la population totale de 2011.
La classe de niveau de bruit [45-50[ dB(A), qui avait été considérée pour la 1ère carte d'exposition au bruit le long des axes routiers dont le trafic dépasse 6 millions véh/an (2008), ne l'a plus été lors de sa mise à jour (2019). Ce changement explique la diminution du nombre d'habitants exposés entre les deux estimations.
Le réseau structurant comprend l'ensemble des autoroutes et les principales routes nationales de Wallonie, soit environ 2 300 km de voieries. Il est géré par la SOFICO. Le reste du réseau routier régional (environ 6 000 km de routes) constitue le réseau non-structurant. Il est géré par le SPW Mobilité et Infrastructures.